Y'a des gens comme ça, tu les crois vraiment inatteignables.
Intouchables. Immortels.
et tu te prend la bonne vieille réalité en pleine gueule.
Ma page Word reste vide, cette débile. C'est pas comme si j'avais rien à dire pourtant; c'est peut être que j'ai trop à dire justement. J'ai écouté Dangerous le premier jour où je suis entrée à l'école. J'ai écouté Dangerous le premier jour où je suis entrée au collège. J'ai écouté Dangerous en pleurant le soir où mes parents m'ont annoncé leur divorce. J'ai écouté Dangerous à peine rentrée chez moi, jeudi, après ma dernière épreuve du bac. J'ai écouté Dangerous dans les pire moments, les moments de doutes, les moments où j'ai eu peur, les moments d'hésitation. &quand j'ai mis ce disque dans ma chaîne, il y a trois jours, j'aurai jamais pensé que mes pensées se dirigeraient pour la dernière fois vers l'Homme, l'être humain, le talent avec un corps, avec un coeur. Que la prochaine fois, elles se dirigeraient vers la Légende, parce que c'est ce qu'il reste de lui, apparemment. Un artiste, des disques. Une image. Une empreinte indélébile. J'pensais pas qu'il pourrait mourir. Il était tellement hors du temps. J'ai jamais cru que ça le toucherai, lui. Il était tellement au dessus de ça, tellement au dessus de tout. &maintenant, moi j'suis perdue. Ca me fait penser à l'après Gregory Lemarchal, dans un sens. J'compare pas hein. J'explique. Pour celle qui a su comment j'étais, la seule, je sais que ça a été dur. Surement plus que pour moi, parce que moi ça me détruisait de façon indirecte. J'en avais conscience, et je me laissais partir. C'était pas pour sa mort, mais pour les souvenirs attachés à celui parti avant lui. Je pleurais les souvenirs dont le dernier rappel physique s'effaçait. Maintenant, je pleure presque onze ans de ma vie. &là, j'suis genre toute seule. Si j'l'écoute pas, j'ai l'impression de l'abandonner, de le laisser. De capituler. Parce que lui, je l'ai toujours écouté. Et quand j'entends sa voix, son truc à lui, j'pense à tout ça et ça me détruit. Sincèrement, j'sais plus quoi faire. J'peux pas croire qu'il est parti, ça c'est impossible, parce qu'il a toujours été là. J'pensais qu'il me soutenait, que si je me plantais, lui il serait toujours là pour me dire que c'est pas grave, qu'il y a bien plus important. Et maintenant j'aimerai bien lui dire que c'est pas grave, mais je me sens pas assez forte pour le laisser partir. Putain Michael, si tu savais. Tu peux pas me laisser maintenant, tu peux pas partir comme ça, sans dire au revoir, sans concrétiser ce qui me fait tenir depuis des années. Tu peux pas partir sans me montrer le chemin, encore une fois. Tu le sais que j'suis un peu bête, un peu méchante aussi. Mais tu t'en fous toi, t'aimes tout le monde. Tu donnes, et tu t'en prend plein la gueule. Tu donnes, et y'en a qui en profitent. Tu donnes et pourtant ils volent tous. Tu vaux bien mieux que tout ça hein. Toutes ces histoires, tous ces enfoirés, qui t'ont pourri pendant toutes ses années, qui t'ont lâchés pour des accusations très discutables. Et maintenant, ça me donne la nausée tout ça, parce qu'ils cherchent ton pardon. Même pas, ils se l'offrent en ton nom. Ils te complimentent. J'préfère encore ceux qui continuent de te pourrir. Ils ont rien compris à la vie eux. Ils t'ont pas compris, tu sais. C'est eux les perdants dans l'histoire, j'en ai conscience. Ils savent pas ce que je sais. Ils savent pas ce que tu vaux, ce que tu es. Pourtant j'leur en veux. J'leur en veux parce que c'est leur faute tout ça. C'est pas bien je sais, mais j'peux pas m'en empêcher. C'est leur faute si t'étais mal. C'est eux qui t'ont tué. Hey, tu sais ça fait mal d'écrire ça. Ce fait saigner mon coeur. J'ai l'impression que j'ai trop de sang dans mes veines, du coup. Je sens mon coeur qui bat plus vite. Mais le tien, il bat plus. T'es parti pour de bon, hein. Je comprend pas. Je comprend pas comment ils ont pu faire ça. Il me faut quelqu'un à accuser, j'espère que tu comprends. J'peux pas laisser ce coup à Dieu. J'peux pas, parce que ce qu'Il fait, c'est juste. Et là, c'est pas juste. C'est vraiment injuste. J'y croyais putain. J'y croyais à toi et moi. J'y croyais à cette rencontre, la scène et le public. J'y croyais à ton bonheur. J'y croyais à toutes ces chansons, tous ces pas que tu faisais avec une aisance troublante et un amour dévorant. J'y croyais à toi et moi, tellement fort. Et j'suis retombée tellement fort, je suis pas sure de m'en relever un jour. Mais tu sais, même si j'ai mal, et qu'une parte de moi est surement effondrée pour toujours, je vais continuer pour toi, et je me battrais comme toi tu l'as fait. Et puis je réussirais, parce que c'est ce que j'ai toujours su tirer de toi. Cette force, ce combat. Et quand j'écouterais Dangerous, comme je l'ai fait depuis que je suis réveillée, quand je l'écouterai à une fréquence humainement normale, je saurai y puiser ce dont j'ai besoin pour avancer. Là, j'ai juste besoin de te sentir encore avec moi, pour te laisser partir doucement. Pour m'y habituer. Et tu sais, à chaque fois que je penserais à toi, j'essayerai de ne pas pleure. Parce que ça, c'est pas digne de toi. Je te renderai hommage à chaque seconde. Chaque chanson que j'écouterai, elle sera pour toi, parce que celles qui m'ont fait découvrir ce monde étaient les tiennes. Je te promet d'y croire, Michael. Parce que même si toi t'es plus là, si je comprend toujours pas comment c'est arrivé, pourquoi c'est arrivé, et surtout pourquoi je réalise pas, y'a bien un truc que je comprend. Y'a vraiment un truc que j'ai bien compris, c'est que t'as ce putain de truc qui font des gens des héros. T'es mon héros, tu le seras toujours.